lundi 5 mars 2007

Folie blanche

Elle voulait être seule. Elle fuyait tout : le bruit, ses proches, ses amours comme ses haines. Elle rêvait : être seule, éternellement seule dans un univers blanc, infini. Etait-ce vraiment ce qu'elle vraiment ce qu'elle ressentait ou jouait-elle un rôle ? Elle ne savait pas, ou plus, mais elle fuyait quelque chose - lâchement ?... -, une chose qu'elle se rappelait plus.
Du temps s'écoula. Le silence était revenu. La maison semblait vide.
Elle ouvrit la porte qu'elle avait fermée à double tour lors de sa crise, puis elle glissa sa tête dehors. Personne. Où étaient-ils ? Ses parents ? Son portrait exacte de soeur ? Le garçon indifférent à ses sentiments ? L'autre qu'elle détestait autant qu'elle ? Là encore, elle jouait la comédie... Peut-être pas. Elle sortit de sa chambre et prit l'escalier, qu'elle descendit lentement, silencieusement, inspectant chaque recoin. Rien.
Elle était arrivé en ba et elle hésita à continuer. Il commençait à faire rudement chaud... Sortir... Elle alla à l'entrée, et dans un geste quasi théâtral, elle prit la poignée et ouvrit. Elle ferma les yeux, inspira longuement. Bouffée d'air. Bon.
Elle cligna des yeux quand elle voulut les réouvrir, éblouie par la blancheur immaculée qui remplaçait ciel et terre. Elle secoua la tête. Réve ou cauchemar ? Elle referma la poarte violemment et s'affaisa littéralement derrière.
Elle resta de longues minutes interdite. Joie ou angoisse ? Quelle attitude prendre ? Savait pas. De toute façon, il n'y avait toujours personne, alors elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Elle sortit pour de bon, laissant la porte d'entrée grande ouverte. Elle fit une dizaine de pas. Du revers de la main, elle se débarrassa de la mèche de cheveux piégée dans la commissure de ses lèvres. L'angoisse revint. Elle avala difficilement sa salive. Elle se retourna brusquement ; la maison avait disparu. Elle fut prise de vertige. Tout était blanc, trop blanc.
Elle était prisonnière de l'éternel, de la pureté, de son imagination née d'un amour contrarié par sa fierté... Elle était seule, infiniment seule, dans un univers blanc, sans limite... Dans sa folie blanche tâchée de noir...

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Le manège a tourné


C'est la fin de la fête, le manège a tourné. L'arbre à cames a fini d'émouvoir le poney tout rouillé, le carrosse de la fée carabosselée. C'est l'inertie du cercle sans fin qui termine d'encercler ce monde de fées et d'anges sans autre destin que tourner.
Les engrenages ont geint et les rouages ont rouillés. Ils grincent encore un instant pour livrer les derniers rêves avant le grillage de tomber. La lumière commence à baisser et le manège avant qu'il s'éteigne, balance qu'il n'y a plus de place pour les rennes dans cette fête foraine, juste une place de princesse avec un résidu de tendresse matîné de tristesse dans le coin du mécanicien.
C'est la fin de la fête et le manège va s'arrêter. Les rêves enfantins, les malabars et les marshmallows sont périmés.

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